Cancer de l'estomac

  • Qu’est-ce que l’estomac ?  

L’estomac fait partie du système digestif. C’est un organe en forme de sac d’une contenance de 1,5 litre, situé dans la partie supérieure de l’abdomen. L’estomac assure le stockage et le broyage des aliments. Il a aussi pour fonction de synthétiser des produits importants pour le bon fonctionnement de l’organisme :

   • des sucs digestifs qui permettent de digérer les aliments ;

    • une substance (le facteur intrinsèque) qui favorise l’absorption de la vitamine dans le sang via la paroi de l’intestin. Cette vitamine B12 joue un rôle important dans la formation des globules rouges.

Ainsi, les aliments mastiqués traversent l’œsophage jusqu’à l’estomac où ils sont broyés et mélangés aux sucs gastriques. Le bol alimentaire est ensuite progressivement libéré dans le duodénum, c’est-à-dire dans la première partie de l’intestin grêle où la digestion se poursuit.

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  • Les cancers de l’estomac

 Il existe plusieurs types de cancers de l’estomac – ou cancers gastriques – qui se distinguent les uns des autres en fonction de la nature des cellules qui sont à leur origine.

Dans neuf cas sur dix, les tumeurs gastriques se développent à partir de cellules de la muqueuse. On parle alors d’adénocarcinome. Dans les autres cas, un cancer de l’estomac peut correspondre à :

  - une tumeur stromale gastro-intestinale (ou GIST), qui s’est développée à partir de cellules de la couche sous-muqueuse ;    - un lymphome infiltrant la paroi de l’estomac ;

  - une tumeur endocrine, c’est-à-dire hypersécrétant certains sucs gastriques ;

  - un sarcome mésenchymateux, se développant à partir de cellules musculaires.

On peut aussi différencier les cancers de l’estomac selon la région dans laquelle ils se développent : les tumeurs du cardia ont un moins bon pronostic que les tumeurs non-cardia (tumeur de l’antre, du fundus…).

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  • Les symptômes

Le cancer de l’estomac est une tumeur qui entraîne peu de symptômes. Des douleurs épigastriques (dans la région de l’estomac) et un amaigrissement progressif sont les signes les plus fréquents. Toutefois, ces symptômes ne sont pas spécifiques à cette maladie. Lorsqu’elle est plus évoluée, la tumeur peut engendrer d’autres signes : des vomissements, une hémorragie et donc une anémie… La perforation de l’estomac est une complication possible qui peut révéler la maladie. La localisation de la tumeur peut aussi être responsable de symptômes spécifiques : un cancer du cardia peut entraîner une gêne à la déglutition (dysphagie), tandis que le cancer du pylore peut engendrer un rétrécissement local responsable de douleurs et de vomissements.

  • Le diagnostic

L’examen clinique permet de repérer les signes généraux comme l’amaigrissement, les douleurs épigastriques… Lorsque la maladie est évoluée, le médecin peut identifier d’autres signes cliniques, tels qu’une masse importante au niveau de l’estomac ou du foie, la présence de ganglions lymphatiques volumineux… Si le médecin suspecte un cancer gastrique, il proposera la réalisation d’une endoscopie.

Lorsque le diagnostic de cancer gastrique est confirmé, il faut évaluer dans quelle mesure le cancer s’est étendu au reste de l’organisme. C’est ce que l’on appelle un bilan d’extension. In fine, il permet de déterminer quel sera le traitement le plus approprié pour le patient. Ce bilan débute avec un interrogatoire et un examen clinique standard. Un scanner de l’ensemble du tronc est ensuite systématiquement réalisé. Il permet d’observer le thorax, l’abdomen et la région pelvienne. Cet examen d’imagerie apporte des informations sur la position de la tumeur au sein de l’estomac et par rapport aux organes voisins. Il permet aussi de déceler une éventuelle extension locale ou régionale du cancer, notamment au niveau du foie ou des poumons. Par la suite, en fonction de la nature et de l’extension de la tumeur décelée, d’autres examens spécifiques pourront être prescrits. Une analyse de sang est ainsi souvent réalisée pour doser des marqueurs tumoraux  dont le suivi sera ensuite utile pour apprécier l’efficacité du traitement.

  • Les traitements

La chirurgie constitue le seul traitement curatif des cancers gastriques. Malheureusement, elle n’est pas toujours envisageable. Les traitements médicamenteux et la radiothérapie sont deux autres options qui peuvent être utilisées seules, en complément de la chirurgie, ou associées entre elles. Le protocole de traitement optimal sera déterminé par une équipe pluridisciplinaire, en fonction du profil du patient et de sa tumeur.​

La chirurgie :

Les différents principes L’ablation (ou résection) chirurgicale de la tumeur peut être réalisée selon trois modalités :

lorsque la tumeur est très petite, peu profonde et sans extension aux ganglions ou à d’autres organes, une résection par endoscopie est possible. Le déroulement de l’opération est similaire à celui d’une endoscopie diagnostique, mais la sonde est couplée à de petits instruments chirurgicaux utilisés pour sectionner la tumeur et la retirer.

Lorsque la tumeur est moins superficielle et située dans la partie inférieure de l’estomac (antre), une gastrectomie partielle est pratiquée : il s’agit d’une opération visant à retirer la partie atteinte de l’estomac, avec une marge de sécurité suffisante pour être sûr de retirer toutes les cellules cancéreuses.

Lorsque la tumeur est située au niveau du corps de l’estomac ou du cardia, la gastrectomie doit être totale : cette fois, l’estomac est retiré entièrement. L’extrémité de l’œsophage est alors raccordée à l’intestin : cette reconstruction est appelée anastomose œso-jéjunale.

La gastrectomie – partielle ou totale – est réalisée sous anesthésie générale après une période de jeûne de six heures minimum. L’opération dure généralement quatre à six heures. Un curage ganglionnaire est réalisé en même temps que la résection chirurgicale : il s’agit de l’ablation des ganglions lymphatiques voisins de l’estomac. Ce geste permet de réduire le risque de dissémination vers le reste de l’organisme des cellules cancéreuses qui s’y trouvent ou pourraient s’y trouver. Selon l’avancée de la maladie, le nombre de ganglions retirés est plus ou moins important. L’ablation de la rate (splénectomie) est parfois nécessaire lorsque le cancer s’y est propagé ou lorsque des saignements trop importants se produisent durant l’opération.

Les suites de l’intervention:

À la fin de l’opération, des drains sont posés à travers la peau au niveau de l’abdomen : ces tubes fins permettent d’évacuer à l’extérieur le liquide qui pourrait s’accumuler au niveau de la zone opérée. Ils sont retirés après quelques jours. Une sonde urinaire est également posée jusqu’à ce que le patient puisse se lever.

La chimiothérapie

La chimiothérapie consiste à administrer des médicaments qui détruisent les cellules au moment de leur division. Elle tue préférentiellement les cellules cancéreuses car ces dernières se multiplient plus fréquemment que les autres cellules de l’organisme. Cependant, il n’est pas possible d’empêcher son action sur les cellules normales qui se divisent aussi : c’est ce qui explique les effets indésirables du traitement. La chimiothérapie est administrée selon un protocole comportant un ou plusieurs médicaments. En règle générale, sa durée est de plusieurs semaines : chaque médicament est utilisé selon des règles précises de doses et de durée qui varient parfois dans le temps. Souvent, plusieurs cycles de traitement espacés de quelques semaines sont nécessaires.

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© Dr EL MOUSSAOUI Imad